Qu’est-ce que la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE)

RSE, cet acronyme de « Responsabilité Sociétale des Entreprises » ne vous est sûrement pas inconnu. Mais sait-on vraiment de quoi il s’agit alors que 60% des entreprises l’ont intégré dans leur stratégie ?

 

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Qu’est-ce que la RSE ?

Définition de l’Union Européenne

La Commission Européenne, dans sa 3ème Communication sur la RSE (2011) définit la RSE comme “la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société“.

Définition de l’ISO 26000

L’organisation internationale ISO, qui regroupe 165 pays, a créé la norme ISO 26000 afin d’offrir aux entreprises des lignes directrices qui permettent de mettre en place une politique RSE. Cette norme s’applique à toute organisation humaine telles que des entreprises privées, administrations publiques, syndicats, fondations ou associations.

Bien qu’on ne puisse pas être « certifié ISO 26000 », cette norme internationale donne la ligne de conduite à suivre. Elle est appliquée dans une centaine de pays pour évaluer l’engagement des organisations en faveur du développement durable.

On trouve dans la norme ISO 26000 la définition suivante :

« La responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement éthique et transparent qui

  • contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société
  • prend en compte les attentes des parties prenantes ;
  • respecte les lois en vigueur et qui est en accord avec les normes internationales ;
  • est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations ».

Quelle est la différence entre RSE et Développement Durable ?

Il n’y a pas de réelle différence entre la RSE et le développement durable, les principes restant identiques. Le terme de développement durable s’adresse à toutes les sphères de la société (particuliers, politiques, …) tandis que le terme de RSE s’adresse exclusivement aux entreprises. Une entreprise engagée dans le développement durable « fait de la RSE » et non du développement durable.

 

 

Les 3 piliers de la RSE

Afin de guider au mieux les entreprises dans leur démarche, la Responsabilité Sociétale des Entreprises se décline autour de 3 piliers.

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1. Le pilier social

Pour le côté social, l’entreprise cherchera à œuvrer positivement autour des questions suivantes : droits de l’homme, conditions de travail, santé et sécurité au travail, loyauté des pratiques, respect du consommateur et de l’économie locale.

Voici quelques démarches sociétales concrètes :

  • S’engager à respecter des pratiques loyales dans les affaires (charte éthique et anti-corruption, transparence avec les consommateurs)
  • Offrir des conditions de travail de qualité aux employés (ex : horaires de travail flexibles, protection de l’intégrité personnelle, traitement égal des employés)
  • Venir en soutien à des associations en fournissant un support pouvant être logistique, financier, humain
  • Contribuer au développement des compétences de jeunes en engageant et formant des apprentis

2. Le pilier environnemental

En matière environnementale, l’entreprise devra identifier ses impacts environnementaux. Sur la base de cette identification, elle cherchera ensuite à adapter ses pratiques dans le but de réduire ces impacts.

Voici quelques démarches environnementales concrètes :

  • Trier les déchets générés par les activités de l’entreprise
  • Diminuer l’utilisation de papier par la digitalisation des processus
  • Favoriser l’utilisation de produits biodégradables
  • Privilégier des achats de produits fabriqués localement pour réduire l’impact des transports
  • Encourager son personnel à utiliser les transports en commun

3. Le pilier économique

Une entreprise engagée dans la RSE n’en demeure pas moins une entreprise qui doit générer du chiffre d’affaires et être économiquement viable afin de perdurer. Elle doit soutenir l’économie locale en agissant comme un véritable acteur local ancré dans son territoire.

Voici quelques exemples concrets de démarches économiques :

  • Satisfaire et fidéliser les clients
  • Assurer la qualité de service
  • Mettre en place une tarification équitable
  • Soutenir les fournisseurs locaux
  • Payer les factures dans les délais
  • Faire preuve de transparence auprès des investisseurs

 

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ISO 26000, norme RSE reconnue par 99 pays

ISO 26000 ne se prête pas à la certification. En revanche elle clarifie la notion de responsabilité sociétale.

Cette norme permet de traduire les principes en actes concrets, et de faire connaître les meilleures pratiques mondiales en matière de responsabilité sociétale. Elle donne un cadre international en s’appuyant sur les grands textes fondateurs internationaux comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les conventions de l’Organisation Internationale du Travail, etc.

De nombreuses certifications existantes s’appuient sur la norme ISO 26000, considérée comme pionnière en matière de RSE et dont 99 pays ont contribué à son élaboration. On ne peut pas être « certifié ISO 26000 » mais on peut en appliquer les principes dont voici les principaux axes.

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La gouvernance

La gouvernance est le point de départ de toute démarche RSE. Sans elle, la démarche ne reposera pas sur un socle solide. La gouvernance définit le périmètre, les attentes des parties intéressées et le dialogue avec celles-ci, la communication en interne et à l’externe, ainsi que les objectifs à atteindre.

Les droits de l’homme

L’entreprise doit s’engager et respecter les Droits de l’Homme. Voici une liste non-exhaustive de points à couvrir :

  • Aucune discrimination n’est tolérée (religieuse, raciale, sexuelle…)
  • Égalité de traitement homme-femme (rémunération, recrutement…)
  • Lutte contre le travail des enfants
  • Respect de la loi

Les relations et conditions de travail

L’entreprise doit offrir des conditions de travail favorables à ses collaborateurs. Cela signifie tout d’abord d’être capable de réduire les risques liés à la santé et sécurité au travail. C’est aussi être capable d’offrir un dialogue social au sein de l’entreprise.

L’environnement

L’entreprise doit identifier ses impacts sur l’environnement et chercher à les réduire. Ils peuvent être liés à plusieurs éléments :

  • Eau
  • Air et odeurs
  • Énergie et climat
  • Déchets
  • Bruit
  • Biodiversité
  • Milieux naturels et paysages

La loyauté des pratiques

Dans le cadre de la conduite de ses affaires, l’entreprise doit développer et appliquer une loyauté des pratiques. Cela implique par exemple de disposer d’une charte anti-corruption et de l’appliquer scrupuleusement lors de la conclusion de contrats commerciaux. Ou encore de payer ses fournisseurs dans les délais, de s’engager à pratiquer une concurrence loyale ou respecter les droits de propriété intellectuelle.

Les questions relatives aux consommateurs/bénéficiaires/clients

Dans la ligne du principe précédent, l’entreprise doit communiquer de manière honnête et transparente avec ses consommateurs. Cela peut s’appliquer par exemple aux matières et ingrédients utilisés ou encore dans la formulation d’une offre commerciale.

Les communautés et le développement local

L’entreprise doit s’intégrer dans son écosystème local. Cela peut être réalisé de différentes manières dont voici quelques exemples :

  • Sponsoring d’événements locaux
  • Privilégier les fournisseurs et achats locaux

Les exigences de la norme ISO 26000 apportent donc des éléments complémentaires et plus précis aux trois piliers de la RSE.

 

 

Quelles sont les certifications RSE ?

Bien qu’ISO 26000 ne soit pas une certification, il existe cependant des certifications liées à ces démarches. N’hésitez pas à consulter vos référentiels de secteurs pour trouver celles qui pourraient être les plus adaptées : les exigences ne sont pas les mêmes dans le secteur bancaire que dans le secteur du BTP.

Voici quelques exemples de certifications :

B-Corp (internationale)

  • Demande une révision des statuts juridiques de l’entreprise pour intégrer les enjeux sociétaux et environnementaux
  • Prix adapté en fonction du chiffre d’affaires
  • Publication transparente des résultats
  • Pas d’audit sur site, le processus de certification passe par un questionnaire en ligne

Engagé RSE Afnor (France)

  • Accessible aux TPE et PME
  • Démontre sa capacité à identifier ses propres enjeux RSE
  • Prise en compte des 3 piliers de la RSE

UN Global Compact (international)

Les entreprises peuvent s’affilier au Global Compact et ainsi s’engager à suivre les principes développés par les Nations Unies relatifs aux droits de l’homme, droit du travail, protection de l’environnement, lutte anti-corruption.

Ecovadis (international)

  • A pour objectif de faciliter la gestion des fournisseurs et partenaires
  • Utilisé par les grandes multinationales pour favoriser la durabilité dans les chaînes d’approvisionnement

Eco-entreprise (Suisse)

  • Très demandé dans les marchés publics
  • Plusieurs niveaux de certifications : Développement durable seulement, Développement Durable + RSE, et Excellence (qui reprend une grande partie des exigences de la norme ISO 26000)
  •  Prix adapté à la taille de l’entreprise et au niveau de certification choisi
  • Possibilité de faire une auto-déclaration

Entreprise citoyenne (Suisse, Valais)

Basé sur ISO 9001, 14001 et 26000 avec l’ajout de quelques critères spécifiques

 

Quelle certification RSE choisir ?

Il est essentiel de se poser les bonnes questions afin d’obtenir la reconnaissance la plus adaptée pour son établissement.

La première d’entre elles est de savoir s’il faut tout simplement obtenir une reconnaissance ou non. Il est tout à fait possible de mettre en place une démarche RSE sans reconnaissance externe. Ainsi les bienfaits de la démarche sont acquis mais les coûts d’un audit évités.

Il faut donc se questionner et par exemple voir si des parties prenantes telles que des consommateurs ou des clients l’exigent. Une certification peut aussi apporter une satisfaction importante aux collaborateurs internes qui voient ainsi un organe de certification externe confirmer les bonnes pratiques mises en place.

Si l’entreprise se tourne vers une certification, une combinaison de critères aideront à définir la reconnaissance la plus appropriée à votre établissement. Voici quelques exemples de critères :

  • Popularité au sein de votre secteur d’activité
  • Applicabilité géographique
  • Intégration avec d’autres certifications (Certification qualité, environnementale, sécurité,…)
  • Coût de la reconnaissance
  • Possibilité de distinguer les niveaux de maturité dans l’évaluation

 

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Les bénéfices de la démarche RSE

La responsabilité sociétale est une démarche de progrès qui s’inscrit dans une recherche de performance globale de l’organisation. Elle pousse à remettre en question les pratiques des organisations qui s’y engagent (réduction des risques, qualité du dialogue social, rapport de l’organisation avec son territoire, etc.) et incite à travailler différemment et mieux.

Ainsi, un formidable levier de croissance peut être gagné. La preuve avec les bénéfices suivants.

Attirer et retenir ses salariés, ses clients ou ses utilisateurs

Certes, le salaire est un critère important de la motivation des collaborateurs, mais les valeurs portées par l’employeur l’est tout autant. Ainsi les employés seront fiers de partager avec leur famille et leurs amis qu’ils travaillent dans une entreprise qui ne pollue pas, qui aide les défavorisés, qui apporte des emplois locaux, qui traite correctement ses fournisseurs ou applique une politique d’égalité entre homme et femme. Tous ces éléments permettent d’attirer et de fidéliser les collaborateurs !

Il en sera de même pour les clients qui seront motivés à acheter un produit ou un service d’une entreprise qui applique une politique de « Négoce équitable ».

Favoriser la créativité et l’innovation

La démarche RSE pousse les entreprises à repenser et à optimiser les façons dont elles conçoivent et produisent. Il en résulte logiquement un gain d’innovation au sein des équipes.

La mise en place d’une politique d’« Amélioration continue » permettra à l’entreprise d’initier des projets issus des suggestions d’amélioration ou de la récolte des incidents.

L’amélioration du dialogue avec les acteurs « externes » tels que les clients, fournisseurs, voisins ou autorités sera source de créativité et d’innovation.

Quant à l’amélioration du dialogue « interne » entre collaborateurs, elle assurera que les idées ne soient pas perdues mais qu’elles se transforment en progrès.

Se donner un avantage concurrentiel

Que ce soit pour les « Appels d’offres » ou pour les « Offres commerciales », l’existence d’une politique RSE permettra de faire pencher la balance en sa faveur. C’est aussi dans ce cadre qu’une certification attestera du sérieux de la démarche.

La démarche RSE permettra à l’entreprise d’être plus attractive et de gagner des parts de marché.

Assurer une performance économique et financière

Finalement, la démarche RSE ne doit pas faire perdre de l’argent, mais au contraire en gagner grâce aux différentes améliorations mises en place. De plus, la performance économique et financière sera soutenue par la diminution des risques sociétaux et environnementaux.

 

Quelles actions durables mettre en place dès demain ?

 

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Les nombreux concepts et articles liés à la RSE peuvent parfois donner l’impression que sa mise en ouvre est lourde et longue. Il est par conséquent important de démontrer que des actions simples et rapides peuvent avoir un impact important sur la société, l’environnement et l’économie. Ci-après quelques exemples d’actions RSE à mettre en place « dès demain ».

Promouvoir les achats responsables

Pour garantir des produits et des services responsables auprès de vos clients, il est impératif de mener une politique d’achats responsables. Il faut d’abord identifier l’impact des achats pour ensuite définir les critères qui serviront de références par la suite.

Ces actions peuvent être le suivantes :

  • Appliquer le principe du meilleur rapport qualité/prix pour le choix des offres (économique, sociale et écologique)
  • Choisir uniquement des fournisseurs qui accordent une transparence sur la chaîne de production
  • Sensibiliser les collaborateurs aux achats responsables

Inclure l’économie circulaire dans ses processus

L’économie circulaire se caractérise par une utilisation des matières premières efficace et sur une durée aussi longue que possible. On trouvera dans cette approche les notions d’éco-conception, d’écologie industrielle et territoriale, d’économie de la fonctionnalité, de réemploi, de réparation, de réutilisation, de recyclage et de valorisation des déchets.

Voici quelques actions qui iraient dans ce sens :

  • Mettre en place une politique de recyclage des déchets
  • Augmenter la durée de vie de ses produits en améliorant la qualité ou le service après-vente
  • Acquérir des biens en seconde main : par exemple racheter les bureaux d’une entreprise qui a déménagé plutôt que d’acheter du neuf

Instaurer un management de l’énergie

Le management de l’énergie est une démarche dynamique de progrès qui amène à développer la capacité d’engager son entreprise dans l’excellence énergétique. Pour améliorer son management de l’énergie, il faut :

  • Comprendre les enjeux énergétiques actuels et futurs
  • Identifier les risques et opportunités énergétiques pour son entreprise et les intégrer à la stratégie d’entreprise
  • Mettre en place une gestion efficace de l’énergie en complément des autres systèmes de management en vigueur : sensibiliser les collaborateurs, remplacer les véhicules thermiques par des électriques, optimiser ses serveurs web pour diminuer la consommation électrique, etc.

La norme ISO 50001 peut servir de référentiel lors de la mise en place d’un management de l’énergie.

Favoriser l’égalité professionnelle

L’égalité professionnelle vise à faire bénéficier les femmes et les hommes d’un traitement égal en termes d’accès à l’emploi, d’accès à la formation professionnelle, de qualification, de classification, de promotion ainsi que de conditions de travail.

Cette démarche peut être rapidement mise en place par les actions suivantes :

  • Établir une politique ou une charte de l’égalité professionnelle
  • Sensibiliser ses salariés à l’égalité professionnelle
  • Favoriser l’évolution professionnelle (mobilité interne, parcours de professionnalisation, formations, etc.)

 

En conclusion, la Responsabilité Sociétale des Entreprises donne aux entreprises et organisations de tous types un élargissement de leur importance. Elles ne sont plus uniquement un acteur qui essaie d’être économiquement viable et qui se cantonne à rayonner au travers de son Budget, de son Chiffre d’affaires ou de son Bénéfice. Elles deviennent un acteur important dans leur région grâce à la maitrise de leur impact sociétal et environnemental.

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Publié le 13 août 2021

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